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Fin de conflit au CESNAC Fin de conflit au CESNAC - 123.2 ko

Ce lundi 3 octobre après-midi, réunis en Assemblée Générale, les IESSA du CESNAC ont décidé de cesser le mouvement commencé le 28 mars 2011.

L’origine du conflit :

Le projet CSSIP, qui intègre RENAR-IP, entraine un bouleversement pour le CESNAC. Le superviseur Réseaux devient le seul à superviser en temps réel l’ensemble du réseau national, toutes ses liaisons avec de très nombreux sites, les interfaces avec l’étranger et les autres organismes et opérateurs. Une première dans la DGAC pour un réseau de nouvelle technologie qui supporte l’ensemble des données et de la voix, radio comme téléphone.

Les revendications :

Les IESSA demandaient un 3ème superviseur H24 avec l’effectif nécessaire et une réelle prise en compte de la SSI (Sécurité des Systèmes d’Information) critique sur ce type de réseau et exigée par la DSNA.

Le mouvement et la solidarité :

Les IESSA ont déposé des préavis de grève hebdomadaires pendant plus de 6 mois afin de se mettre en grève chaque fois que c’était utile. Cela a suscité une vaste solidarité de la part de personnels de l’ensemble des services.

La négociation et les provocations :

Les réunions de conciliation furent peu fréquentes et jamais les propositions de l’administration n’ont été proches des demandes légitimes des IESSA du CESNAC. L’encadrement local a systématiquement joué la surenchère par des provocations régulières et inappropriées. Personne ne sortira indemne de ce long conflit. Des astreintes ont été mises en place pour des opérations importantes puis abusivement même pour des tests lors d’expérimentations. Un véritable gâchis.

L’issue :

Le DSNA a décidé de « réduire la voilure » du réseau en optant pour l’architecture « A-prime » qui restitue aux services techniques des centres la gestion des lignes vers les AA et les radars et supprime les routeurs terminaux. Cette régression est uniquement liée à une contrainte technique (délai d’acheminement prohibitif) et une non- conformité par rapport aux contraintes de sûreté. Le choix de cette nouvelle architecture ne doit rien au conflit du CESNAC. Au final, l’accord prévoit une augmentation d’effectif de 6 IESSA, pas de superviseur supplémentaire et un GT chargé de travailler sur une organisation « plus performante » du CESNAC.

Carton rouge à la DSNA pour sa gestion du conflit


PREMIER BILAN

Que de temps et d’argent perdus

Dès le départ, le programme CSSIP était un projet trop ambitieux, manquant de temps et surtout ne prenant pas en compte l’aspect humain du projet (implication des IESSA, supervision du réseau, surcharge de travail, effectif, nouveaux métiers, ...). La politique managériale du CESNAC soutenue à plus haut niveau, au lieu de créer une véritable dynamique basée sur le dialogue et la confiance, n’a engendré que colère, frustration et rejet.

Sur ces deux points, nous avions informé, bien en amont, l’administration sur les risques à venir : personne n’a voulu nous écouter pour éviter ce conflit : le bilan est là. Faudra-t-il toujours en arriver au conflit pour que les IESSA et plus généralement les personnels de la filière technique puissent faire leur travail dans de bonnes conditions, avec efficacité et sécurité, le tout au service du contrôle aérien ?

Une leçon de courage, de volonté syndicale et de solidarité

Dès le début, les IESSA du CESNAC ont voulu un mouvement syndical basé sur la solidarité et l’unicité. Leurs revendications n’étaient pas d’ordre salarial mais professionnel. L’UNSA-IESSA s’est mise au service et à l’écoute des IESSA du CESNAC. A chaque fois, nous avons relayé les inquiétudes des personnels et porté leurs revendications.

L’administration a tenté de les intimider et les décourager en déclarant leur grève illégale, en supprimant leurs congés, parfois en les menaçant et à la fin en voulant généraliser les réquisitions. Sans se mettre en avant, et dans le but de protéger les IESSA, le BN et la section locale UNSA-IESSA du CESNAC ont fait réaliser une étude juridique pour défendre leurs droits, nos droits (grève, astreinte, réquisition,..). Si l’administration avait continué sur cette voie, nous étions prêts à lancer une action en justice pour soutenir nos collègues.

Nous ne pouvons qu’être admiratifs et fiers de la solidarité nationale qui a soutenu le mouvement du CESNAC.

Il faut aussi souligner le travail exemplaire de l’union syndicale du CESNAC qui n’a pas failli tout au long de ce conflit. L’UNSA-IESSA regrette que, plutôt que de garder jusqu’à la fin cette cohérence et cette unité, d’autres OS se soient accaparé le travail collectif à des fins purement électoralistes (voir les autres tracts sur le sujet).

Et maintenant ?

Certes des avancées ont été obtenues, mais la vigilance reste de mise au regard des dangers toujours présents qui menacent les IESSA et la DSNA et des méthodes managériales archaïques. Pourtant, afin d’éviter des conflits destructeurs, il suffirait simplement d’impliquer et d’écouter davantage les personnels qui sont au contact permanent des réalités opérationnelles. Il faudrait aussi leur fournir les moyens adaptés au lieu d’appliquer, par exemple, la politique de la RGPP dogmatiquement.

Le conflit du CESNAC fera date et rappellera qu’à chaque fois que l’administration voudra imposer un projet inadapté, insuffisamment préparé, ne prenant pas en compte les contraintes opérationnelles, ayant pour unique objectif de réduire les personnels, des professionnels seront là pour dire NON !

Conflit CESNAC : Un conflit qui aurait pu et dû être évite



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