UNSA IESSA impression UNSA IESSA

GT Filière technique : Ignorance ou pure provocation ?

Lors de la deuxième réunion du GT pré-protocolaire « Filière technique » du 10 décembre, l’administration a dévoilé ses intentions. Ignorance ou pure provocation ?

Effectifs.

D’ici la fin de l’année, l’effectif total des IESSA aura baissé de 52 ou 53 agents en 3 ans. En raison du faible nombre de recrutements de ces trois dernières années et des départs dans les années à venir, la baisse atteindra une centaine d’IESSA d’ici fin 2015. L’administration souhaite répartir cette baisse à parts égales entre les SNA et les CRNA. Elle évoque ainsi une baisse de 10 IESSA par CRNA. Imaginons également l’impact sur l’effectif d’un service de moindre taille. Fidèle à sa tradition de politique floue, de gestion à la petite semaine, de mépris et d’ignorance de la filière technique, l’administration est incapable ou se refuse à nous communiquer le nombre de départs en retraite d’IESSA non remplacés dans les 3 ans à venir. En effet, elle ne communique que la baisse de 11 agents IESSA ou TSEEAC par année entre 2013 et 2015. Comme nous l’avons déjà dénoncé, l’administration traite conjointement les recrutements IESSA et TSEEAC alors que ces deux corps sont dans leur très grande majorité sur des métiers différents. Dans son rapport, la Cour des Comptes parle du recrutement de 81 IESSA et TSEEAC pour 49 départs pour 2011. Cela ne peut être perçu que comme une tromperie et une injustice par les IESSA qui vivent au quotidien les méfaits de la RGPP (voir p 33 du rapport de la Cour des Comptes sur www.iessa.org). L’administration abuse du professionnalisme et de la docilité des IESSA pour les tromper et les exploiter sans vergogne (missions supplémentaires avec moins d’effectifs, non-respect des temps de repos, temps de travail, externalisation, ...).

Le coupable est désigné : la MO.

Pour l’administration il y a trop d’IESSA en MO et en supervision, que ce soit dans les SNA ou les CRNA : il faudrait réduire le nombre de superviseurs à 2 voire à 1, mettre en place des astreintes, élargir les plages horaires des personnels en MS dans les SNA. L’idée est simple : quelque soit la taille des centres, avoir dans la journée un minimum d’IESSA en supervision et le reste en MS prêt à abandonner précipitamment leurs activités de paramétrage, d’étude, d’installation et de maintenance pour intervenir en cas de panne. Par contre, l’administration se refuse à parler du non-respect des temps de repos, des récupérations accumulées. L’administration vit à crédit sur le dos des IESSA. Elle doit le reconnaître, et se corriger.

Délais d’intervention et maillage des MR et SNA.

L’administration veut revoir le dimensionnement des maintenances et des services techniques des sièges SNA, en limitant au maximum les déplacements. Pour cela, elle propose de faire intervenir les personnels présents sur les sites éloignés (OE, Chef CA,...) sous le contrôle téléphonique d’un IESSA. Nous lui faisons remarquer qu’il faut des AE et des habilitations électriques pour intervenir sur des systèmes sous tension et que ce mode de fonctionnement n’est pas très efficace ; elle répond qu’il faudra probablement délivrer des AE réduites pour ces personnels. Elle s’appuie sur la bonne volonté de certains IESSA qui cherchent à rendre service par téléphone pour généraliser des méthodes de travail marginales qui peuvent devenir dangereuses. Toutes les OS, excepté la CFDT qui « n’est pas contre de discuter de ce sujet », rejettent vivement cette approche. D’autre part, l’administration veut revoir le maillage des MR et des sièges SNA afin que les sites les plus éloignés soient situés à moins de 3 heures de route. L’administration, qui n’est plus à une contradiction près, avance même l’idée d’un centre unique pour la maintenance des stations radars.

FO :

Les OE veulent maintenir les simulateurs, voire les réseaux opérationnels. FO, en formulant cette demande, a surpris l’assistance. FO s’appuie sur un exemple isolé, celui de la maintenance du simulateur lyonnais pour revendiquer beaucoup plus. L’administration en profite et parle de « recouvrement de compétences ». Au bal du grand n’importe quoi, toutes les danses sont permises pourvu qu’elles divisent. L’UNSA-IESSA a une fois de plus porté la colère des IESSA qui réclament la prise en comptedans le calcul des effectifs, de leur réelle charge de travail sur les simulateurs.

La PEQ.

L’administration s’est ensuite attaquée à la PEQ en voulant supprimer la référence aux jours de formation et ainsi faire des économies de ressources financières et humaines. L’UNSA-IESSA défendra la PEQ, prime spécifique IESSA, et son lien avec la formation. Nous demandons justement que l’effort de formation continue nécessaire tout au long de la carrière soit enfin reconnu par l’attribution de la PEQ à taux unique dès la titularisation ou dès la licence lorsqu’elle sera mise en place.

Cette deuxième réunion du GT filière technique fut l’occasion de constater les fortes divergences entre les OS représentatives des IESSA et l’administration. Le seul point positif de la réunion fut la volonté de l’administration d’aborder la problématique de l’expertise dans les centres opérationnels et à la DTI. L’administration aborde ce protocole sur de bien mauvaises bases. Elle doit reconnaître qu’avec une baisse de l’effectif IESSA de 7%, des missions augmentées, des installations indispensables à réaliser, il faudra mobiliser la filière technique dans ses composantes managériales, opérationnelles et d’expertise pour espérer réussir. La DSNA est en retard par rapport aux autres opérateurs du FABEC et ne peut se permettre d’échouer sur l’évolution de ses systèmes techniques. Il faudra stopper cette baisse effrénée des effectifs qui ne peut conduire qu’au découragement puis à l’échec, et faire enfin confiance aux professionnels en charge des systèmes de la sécurité aérienne.


logo DOCUMENT 1808
GT "Filière technique" : ignorance ou pure provocation ?
18/12/2012
(PDF, 491.2 ko)


Dans la même rubrique
UNSA IESSA - http://www.iessa.org